En-quêtes de vie pour découvrir qui je suis

#03 Enquête de famille :
Mon retour vers ma génétique familiale - Au fil de l'eau

14 mars 2026

Voilà. Aujourd’hui, j’ai quitté l’Aude. J’ai dit au revoir avec émotion à ces amis d’ici et d’ailleurs, qui pendant plus de 5 ans m’ont tellement apporté, sur tous les plans. Je suis profondément ébranlée d’avoir eu cette chance inouïe de les rencontrer, d’apprendre à les connaître, d’être énormément écoutée, de recevoir encore plus… J’ai découvert un mode de vie très particulier et tellement fondamentalement humain, que j’ai la sensation amère de n’avoir pas su en profiter à sa juste valeur.

Qu’est-ce qui fait que j’en suis là, aujourd’hui, à ce départ ?

Je me raccroche à l’idée que je les retrouverai plus tard, je ne sais pas où puisque leur route aussi prend un autre tournant. Je me sens déchirée.

Et pourtant, quelque part, c’est ça. Je dois me rappeler que quelques jours plus tôt, pendant que je me baladais en soirée à l’extérieur du village, triste, démunie, fatiguée, en saturation d’un état de mal-être qui m’habitait depuis des mois, j’ai demandé à l’Univers à retrouver ma véritable famille et ma feuille de route.

Quelques jours plus tard, je prenais conscience que mon âme appelait à ce que j’aille voir ma famille biologique, pour que je puisse continuer à avancer. Celle que je n’envisageais pas du tout de contacter, tant j’éprouvais du rejet. Pourtant, pour retrouver vraiment ma famille cosmique, ne devais-je pas d’abord faire la paix avec ma famille biologique ? Eh oui, vu sous cet angle, c’est évident. Vu sous l’angle de mon ego, résistances, peurs, rejet et envie de fuir sont au rendez-vous. Mais à ce moment-là, quelque chose s’est éclairci en moi, un brouillard s’est levé, et j’ai SU que c’était CELA que je devais faire.

Sans cela, je suis bloquée et dans l’autodestruction, parce que je tourne en rond avec mes programmes, avec mes valises pour lesquelles je n’ai pas encore retrouvé les clés d’origine.

À un niveau hyperdimensionnel, il s’agit que je cesse de me laisser piloter par ma part / entité mante religieuse, dont la caractéristique est la possessivité, qui vide l’autre de son énergie, afin de mettre un pansement, à renouveler sans cesse, sur un mal-être intérieur profond, qu’elle me fait fuir constamment à travers l’autre, et qui me détourne de mon propre chemin en me faisant rester accrochée à l’énergie de l’autre.

D’où vient vraiment cette possessivité ? Que cache-t-elle ? Comment la dépasser ? Que me dit-elle de mon histoire familiale ?


17 mars 2026

Arrivée en région nantaise, tandis que ma sœur S m’hébergeait, j’allais voir mes parents pour une première reprise de contact qui s’avéra pour moi plutôt laborieuse. J’avais oublié qu’ils ne sont pas communiquant, pas du tout. Je ne sais pas comment m’y prendre pour rentrer en contact avec eux. Je comprends maintenant que c’est parce qu’ils sont absents d’eux-mêmes. Absents pour se protéger de souffrances passées perçues comme ingérables, qui est pourtant aussi une fuite – de sa vie, de ses responsabilités et des responsabilités d’autrui, une forme de déni sur l’obscurité qui habite chacun.

C’est avec S, le soir, que je commençai à voir d’un autre œil mon retour ; je pensais que c’était moi qui avait des informations à leur apporter, et finalement, il semblerait que j’en avais surtout à recevoir.

  • A est ma mère, mais j’ai toujours eu l’impression qu’elle était plus une enfant qu’une mère. Fragile, hypervulnérable, à fleur de peau, physiquement jamais au top, elle n’a jamais été à mes yeux quelqu’un de fort sur qui je pouvais m’appuyer. Alors le côté mère, chez moi, je ne l’ai pas développé tel que d’autres enfants ont pu le faire. Je dirais que l’une comme l’autre, à un certain niveau, nous sommes restées « bloquées » petites filles.

  • Nadine, ma tante, la sœur de A, était partie de la maison familiale dès ses 18 ans, sans dire où et sans plus donné de nouvelles jusqu’au décès de leurs parents. Il se trouve qu’elle était partie finalement au Mexique pour y vivre. Je suis la seule autre personne de la famille à être aller vivre quelques temps (2 ans) à l’étranger (Canada), et j’ai décidé une rupture de contact avec ma famille biologique au cours de ces 2 ans, puis dans les années qui ont suivi, notamment dans l’Aude. Une sensation a toujours persisté que j’avais une résonance particulière avec cette tante1, et surtout qu’elle n’était pas partie comme ça, pour rien, de chez leurs parents. Que quelque chose s’était passé.

  • B, mon oncle, le frère de A et de Nadine, a vécu pendant des années dans la maison où leurs parents ont vécu et où ils se sont suicidés, et il y vivait a priori reclus, refusant d’ouvrir au facteur quand celui-ci apportait des colis. Nous ne savons pas ce qu’il est devenu, la maison a été mise aux enchères il y a quelques années sans que nous le sachions alors. Ainsi, ici aussi, la situation est très étrange et suggérait qu’il s’était passé quelque chose.

  • Comme je l’ai raconté ailleurs, j’ai vécu des attouchements sexuels de la part de mon frère lorsque j’étais enfant / ado. Lorsque j’observe les indices que j’ai en rapport avec ma tante Nadine, et lorsque je vois l’état de mal-être dans lequel vit ma mère depuis bien longtemps, je ne peux m’empêcher de percevoir que quelque chose est arrivé entre Nadine, B et A.

Première question et non des moindres : pourquoi A n’avait-elle pas réagi quand j’ai informé ma famille, d’abord à travers une lettre, puis par téléphone, des abus que j’avais vécu avec mon frère ? A qui était présente dans la maison l’un des jours où cela s’est produit…

Lorsque S m’appris que de son côté, continuant à chercher la guérison à ses problématiques de vie, elle avait découvert que très probablement A avait été abusée par son frère B, et cela pendant des années, et que c’était su de sa propre mère, je fut traversée de sanglots. Je savais que c’était vrai. Je l’ai pressenti depuis longtemps, sans rien pouvoir prouver, mais parce que je captais des résonances avec mon vécu, des incohérences, des similitudes !


18 mars 2026

Sur la route pour aller voir ma sœur E, j’avais mis en marche le GPS mais je ne trouvai pas ma route. Il voulait me faire passer par le centre de Nantes, tandis que je préférais remonter par le périphérique, et me voilà perdu dans une commune proche, le GPS m’indiquant un trajet d’une rue à une autre, semblant me perdre dans le village. Fatiguée et tendue par ce contretemps, je hurlais soudain de colère dans la voiture. Par après, retrouvant le périphérique et décidé à accéder à mon point d’arrivée par ce biais, je constatais tout de même que le GPS cherchait à me faire prendre toutes les sorties auxquelles je parvenais, et non pas celle qui, plusieurs km plus loin, m’intéressait. Avais-je tant de résistances à aller voir E ?

Une fois chez elle, enfin, nous parlâmes d’où nous en étions concrètement dans nos vies respectives avant que je n’aborde les sujets familiaux. En fait, c’est E qui ouvrit la voie.

Nous nous apprêtions à cuisiner le repas lorsque je lui demandais un bon couteau pour couper les poireaux ; elle me dit alors qu’elle prenait des petits couteaux de table, parce qu’elle avait peur d’utiliser les grands couteaux avec lesquels son compagnon, lui, cuisinait. Je lui répondis que je comprenais parce que j’avais longtemps eu des craintes moi aussi d’utiliser des grands couteaux, mais que lorsque j’ai recommencé à manger de la viande après des années de végétarisme, je ne pouvais pas faire l’impasse de bons ustensiles. Soudain, alors que nous discutons de ce sujet, elle m’expliqua avoir fait le rapprochement il y a peu avec… Nadine ! J’eus alors un choc en réalisant qu’en effet, puisque Nadine avait été tuée de coups de couteaux, nous pouvions porter une peur de ces objets… Tout du moins, le transgénérationnel était un aspect l’expliquant. Et la prise de conscience fut d’autant plus impactante qu’elle m’indiquait que les trois filles d’A ou les trois nièces de Nadine que S, E et moi-même étions, portions chacune un bout de Nadine. Un bout du traumatisme, un bout de l’entité bloquée…

Force était de constater également que des cycles se répétaient, des programmes génétiques familiaux vibrant dans nos cellules de génération en génération, qui soulevaient en moi des questionnements : après A, mon frère W, mes deux sœurs et moi-même, j’apprenais que ma nièce (fille de mon frère) avait elle aussi vécut du harcèlement scolaire. Qu’est-ce qui attirait à nous des attitudes dénigrantes de l’extérieur ?

Par le miroir quantique, j’y vois le dénigrement de soi, à travers ce prédateur en soi qui dévalorise, qui diminue, qui rapetisse. Pourquoi avons-nous un tel désamour de soi? Pourquoi sommes-nous aussi destructeurs envers nous-mêmes ?

1 Parmi les indices, le deuxième prénom de Nadine est Blanche ; mon prénom, Candice, est issu du latin Candidus, qui veut dire blanc...